Bande de Montana c. Canada
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Bande de Montana c. Canada Base de données – Cour (s) Décisions de la Cour fédérale Date 2006-02-28 Référence neutre 2006 CF 261 Numéro de dossier T-2804-97, T-617-85, T-782-97 Contenu de la décision Date : 20060228 Dossier : T-617-85 Référence : 2006 CF 261 Ottawa (Ontario), le 28 février 2006 EN PRÉSENCE DE MADAME LA JUGE HANSEN ENTRE : LA BANDE DE MONTANA, le chef Leo Cattleman, Marvin Buffalo, Rema Rabbit, Carl Rabbit et Darrell Strongman, en leur propre nom et au nom de tous les autres membres de la bande indienne de Montana, résidant tous dans la réserve Montana no 139, dans la province de l’Alberta demandeurs - et - SA MAJESTÉ LA REINE défenderesse - et - LA BANDE DE SAMSON, le chef Terry Buffalo, Clifford Potts, Frank Buffalo, Florence Buffalo, Dolphus Buffalo, Lawrence Saddleback, Larron Northwest, Nancy Yellowbird, Barb Louis, Keith Johnson, Rose Saddleback et Jim Omeasoo, conseillers de la bande de Samson, en leur nom personnel et au nom des membres de la bande indienne de Samson mis en cause - et - LA BANDE D’ERMINESKIN, le chef Gerald Robert Ermineskin, Arthur Morris Littlechild, Earl Ted Ermineskin, Maurice Wolfe, Richard Leonard Lightening, Carol Margaret Wildcat, Carol Elizabeth Roasting, Glenda Rae White et Craig Alton Makinaw, conseillers de la bande d’Ermineskin, en leur nom personnel et au nom de la bande indienne d’Ermineskin mis en cause - ET - Dossier : T-782-97 ENTRE : LA CHEF FLORENCE BUFFALO, agissant en son propre nom et au nom de tous les membres d…
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Bande de Montana c. Canada Base de données – Cour (s) Décisions de la Cour fédérale Date 2006-02-28 Référence neutre 2006 CF 261 Numéro de dossier T-2804-97, T-617-85, T-782-97 Contenu de la décision Date : 20060228 Dossier : T-617-85 Référence : 2006 CF 261 Ottawa (Ontario), le 28 février 2006 EN PRÉSENCE DE MADAME LA JUGE HANSEN ENTRE : LA BANDE DE MONTANA, le chef Leo Cattleman, Marvin Buffalo, Rema Rabbit, Carl Rabbit et Darrell Strongman, en leur propre nom et au nom de tous les autres membres de la bande indienne de Montana, résidant tous dans la réserve Montana no 139, dans la province de l’Alberta demandeurs - et - SA MAJESTÉ LA REINE défenderesse - et - LA BANDE DE SAMSON, le chef Terry Buffalo, Clifford Potts, Frank Buffalo, Florence Buffalo, Dolphus Buffalo, Lawrence Saddleback, Larron Northwest, Nancy Yellowbird, Barb Louis, Keith Johnson, Rose Saddleback et Jim Omeasoo, conseillers de la bande de Samson, en leur nom personnel et au nom des membres de la bande indienne de Samson mis en cause - et - LA BANDE D’ERMINESKIN, le chef Gerald Robert Ermineskin, Arthur Morris Littlechild, Earl Ted Ermineskin, Maurice Wolfe, Richard Leonard Lightening, Carol Margaret Wildcat, Carol Elizabeth Roasting, Glenda Rae White et Craig Alton Makinaw, conseillers de la bande d’Ermineskin, en leur nom personnel et au nom de la bande indienne d’Ermineskin mis en cause - ET - Dossier : T-782-97 ENTRE : LA CHEF FLORENCE BUFFALO, agissant en son propre nom et au nom de tous les membres de la NATION CRIE ET DE LA BANDE INDIENNE DE SAMSON - et - LA NATION CRIE ET LA BANDE INDIENNE DE SAMSON demanderesses - et - SA MAJESTÉ LA REINE DU CHEF DU CANADA et Sa Majesté la Reine du chef du Canada représentée par le MINISTRE DES AFFAIRES INDIENNES ET DU NORD CANADIEN, Édifices du Parlement, Ottawa (Ontario) défenderesses - et - LA BANDE DE MONTANA, le chef Leo Cattleman, Carl Rabbit, Darrel Frederick Strongman et Coldy Sr. Dick Rabbit, conseillers de la bande de Montana, en leur propre nom et au nom des membres de la bande indienne de Montana mis en cause - et - LA NATION CRIE D’ERMINESKIN, le chef Gerald Ermineskin, Carol Margaret Wildcat, Carol Elizabeth Roasting et Glenda Rae White, conseillers de la bande d’Ermineskin, en leur propre nom et au nom des membres de la bande indienne d’Ermineskin mis en cause - ET - Dossier : T-2804-97 ENTRE : LA NATION CRIE D’ERMINESKIN, le chef Gerald Ermineskin, Earl Ted Ermineskin, Maurice Wolfe, Richard Leonard Lightening, Carol Margaret Wildcat, Carol Elizabeth Roasting, Glenda Rae White et Craig Alton Makinaw, conseillers de la Nation crie d’Ermineskin, en leur propre nom et au nom de la NATION CRIE D’ERMINESKIN demandeurs - et - SA MAJESTÉ LA REINE et le PROCUREUR GÉNÉRAL DU CANADA défendeurs - et - LA BANDE DE MONTANA, le chef Leo Cattleman, Carl Rabbit, Darrel Frederick Strongman, Coldy Sr. Dick Rabbit, conseillers de la bande de Montana, en leur propre nom et au nom de la bande indienne de Montana mis en cause - et - LA NATION CRIE ET LA BANDE INDIENNE DE SAMSON, la chef Lena Cutknife, Dolphus Buffalo, Florence Buffalo, Kurt Buffalo, Pat Buffalo, Cecile Crier, Patrick Cutknife, Walter Lightning, Barbara B. Lightning, George Montour Sr., Donna Potts Johnson, Rose Saddleback et Marvin Yellowbird, conseillers de la Nation crie et de la bande indienne de Samson, en leur propre nom et au nom de tous les membres de la Nation crie et de la bande indienne de Samson mis en cause MOTIFS DU JUGEMENT Table des matières Introduction ............................................................................................................... [1] Les parties et les actions ......................................................................................... [5] Les questions en litige ............................................................................................... [8] Aperçu des revendications....................................................................................... [10] La revendication de la bande de Montana ........................................................... [11] La revendication de la bande d’Ermineskin ......................................................... [18] La revendication de la bande de Samson ............................................................ [24] Les témoins ................................................................................................................. [30] La bande de Montana.......................................................................................... [32] La bande de Samson........................................................................................... [36] La bande d’Ermineskin........................................................................................ [63] La Couronne ...................................................................................................... [86] La chronologie des événements Introduction ....................................................................................................... [95] Le contexte général du Traité no 6 ..................................................................... [100] 1876 - La signature du Traité no 6 .................................................................... [103] 1877 - L’adhésion du chef Bobtail au Traité no 6 .............................................. [105] Big Bear adhère au Traité ................................................................................. [107] 1879 - Ermineskin et Samson sont reconnus comme chefs ................................ [111] 1884 - L’établissement à Peace Hills ................................................................ [112] 1885 - La Rébellion du Nord‑Ouest ................................................................. [113] La « politique de la carotte et du bâton »............................................................ [118] 1885 - L’arpentage des réserves de Peace Hills ................................................ [123] 1885 -1886 La libération des obligations du Traité et les certificats de Métis .......................................................................................................... [125] 1886 - La proclamation d’une amnistie ............................................................. [167] 1887 - L’accord de réadmission ....................................................................... [168] 1887 - Le transfert du reste de la bande de Bobtail ........................................... [176] 1889 - L’endroit où vit la bande de Bobtail ....................................................... [184] 1889 - Les réserves de Peace Hills confirmées par décret ................................. [189] 1891 - Les cessions relatives à l’emprise du chemin de fer ................................ [191] 1893 - Le changement de nom ......................................................................... [195] 1896 - L’expulsion ........................................................................................... [196] 1897 - Little Bear se rend à Ottawa ................................................................. [229] 1898 - Le décès du chef Samson ..................................................................... [236] 1900 - Le décès du chef Bobtail ....................................................................... [237] 1901 - La cession aux fins de la réserve routière ............................................... [238] 1901 - L’intensification des pressions exercées pour que les Indiens soient autorisés à s’établir dans des réserves ............................................................... [250] 1902 - 1903 Les tentatives de cession .............................................................. [256] 1904 - Les tentatives de cession ....................................................................... [260] 1905 - Le chef Little Bear souhaite revenir au Canada ...................................... [264] 1906 - L’établissement de la bande de Montana dans la RI 139 ........................ [277] 1908 - La cession de ressources minérales par la bande d’Ermineskin ............... [278] 1908 - La suite des événements ........................................................................ [279] 1909 - La cession de la bande de Samson ........................................................ [283] La cession de la RI 139 .................................................................................... [286] La preuve orale historique ................................................................................... [312] Analyse La première question ........................................................................................ [314] La définition de « bande » contenue dans la loi ...................................... [315] Les prétentions des parties ......................................................... [323] À quel moment une bande visée par l’Acte des Sauvages cesse-t-elle d’être une bande et qu’arrive-t-il à son droit sur sa réserve? Les prétentions des parties ....................................................... [364] Le cas échéant, à quel moment, pendant la période pertinente, la bande de Bobtail a-t-elle cessé d’exister? Les prétentions des parties ....................................................... [382] Analyse La définition de « bande » contenue dans la loi ...................................... [428] À quel moment une bande visée par l’Acte des Sauvages cesse-t-elle d’être une bande et qu’arrive-t-il à son droit sur sa réserve? .................. [455] Le cas échéant, à quel moment, pendant la période pertinente, la bande de Bobtail a-t-elle cessé d’exister? .......................................... [460] Le chef Bobtail et les autres membres de sa bande ont-ils été valablement libérés du Traité? ................................... [461] Le transfert des membres de la bande de Bobtail qui ne s’étaient pas retirés du Traité dans les registres des annuités des bandes de Samson et d’Ermineskin était-il valide? ........................................................................... [500] Des politiques ou des règles de procédure officielles s’appliquaient‑elles en matière de transferts en 1887? ....................................................... [501] Quel est l’importance ou l’effet, le cas échéant, du décret C.P. 1151? ................................................... [512] Les Indiens pouvaient‑ils être membres de plus d’une bande et avoir un intérêt dans plus d’une bande? ............................................................... [515] La Couronne avait‑elle, relativement à la RI 139, des obligations, notamment des obligations fiduciaires, envers les membres de la bande de Bobtail qui ne s’étaient pas retirés du Traité? ...................................... [521] Les bandes d’Ermineskin et de Samson ont‑elles succédé à la bande de Bobtail? ..................................... [523] Quel est l’effet juridique de l’accord de réadmission? ................ [535] Les prétentions des parties ........................................... [536] Analyse ........................................................................ [576] Conclusion ............................................................................... [608] La revendication de la bande de Montana concernant la RI 139 Les prétentions des parties ....................................................... [611] Analyse .................................................................................... [642] La qualité pour agir .............................................................................. [664] Conclusion ........................................................................................... [670] La deuxième question ....................................................................................... [671] La troisième question ........................................................................................ [673] Résumé ...................................................................................................................... [677] Introduction [1] Suivant les modalités du Traité no 6, la réserve indienne no 139 (la RI 139 ou la réserve de Bobtail), d’une superficie d’environ 31,5 milles carrés, a été mise de côté à l’usage et au profit de la bande indienne de Bobtail. Cette réserve est l’objet de la présente instance opposant plusieurs parties et comportant de nombreuses actions. Dans chacune des trois actions principales, les demandeurs revendiquent la RI 139 et contestent la validité de la cession de cette réserve survenue en juin 1909. [2] À la fin de l’été et au début de l’automne 1885, l’arpenteur John C. Nelson a procédé, après avoir effectué l’arpentage de la RI 139 pour la bande de Bobtail, à l’arpentage des réserves indiennes no 137 (la RI 137 ou la réserve de Samson) et no 138 (la RI 138 ou la réserve d’Ermineskin) pour les bandes de Samson et d’Ermineskin respectivement. [3] Ces réserves sont situées au sud d’Edmonton, entre les villes de Wetaskiwin et de Ponoka, en Alberta, à un endroit connu à l’origine sous le nom de Bear Hills et, ensuite, sous celui d’Agence de Peace Hills et, finalement, d’Agence d’Hobbema. [4] Les faits qui ont mené à la cession en litige commencent au milieu des années 1870 et se déroulent en grande partie dans les trois réserves en question. Les parties et les actions [5] La présente instance concerne trois actions principales, chacune comportant deux mises en cause. La bande de Montana et les parties qui y sont liées (la bande de Montana) ont intenté leur action contre Sa Majesté la Reine en 1985. La Couronne a déposé sa défense en juin 1990 et a mis en cause la bande de Samson et les parties qui y sont liées (la bande de Samson) et ainsi que la bande d’Ermineskin et les parties qui y sont liées (la bande d’Ermineskin). [6] Les bandes de Samson et d’Ermineskin ont intenté leur action respective contre la Couronne en 1997. Cette dernière a, dans chacune de ces actions, déposé une défense et mis en cause les demandeurs dans les deux autres actions principales. [7] En juin 1999, le juge Hugessen, qui était chargé de la gestion de l’instance, a ordonné que les trois actions principales et les procédures de mise en cause soient instruites ensemble sur preuve commune et fassent l’objet d’un seul jugement. Les questions en litige [8] En septembre 2001, le juge Hugessen a ordonné la séparation des trois questions suivantes : a) Quels demandeurs, le cas échéant, avaient droit à l’usage et au profit des terres constituant la RI 139 jusqu’au 12 juin 1909 inclusivement? b) La prétendue cession du 12 juin 1909 était‑elle valide? c) Quels demandeurs, le cas échéant, avaient droit à l’usage et au profit des terres constituant la RI 139 à la conclusion des transactions du 12, du 14 et du 17 juin 1909? [9] Le juge Hugessen a aussi ordonné que ces trois questions soient instruites avant toute procédure relative aux autres questions soulevées dans les actes de procédure. Les présents motifs font suite à l’instruction de ces trois questions. Aperçu des revendications [10] Avant d’examiner la preuve, il est utile de décrire brièvement les revendications de chacun des demandeurs. La revendication de la bande de Montana [11] Quoique la RI 139 ait été arpentée et mise de côté pour la bande de Bobtail en 1885, la bande de Montana prétend que la bande de Bobtail s’était dispersée et n’existait plus en 1887, de sorte qu’il n’y avait plus aucun membre de cette bande qui possédait des droits sur la réserve. Par conséquent, le droit de la bande de Bobtail sur la RI 139 était éteint. Malgré ce fait, la Couronne a continué de considérer la RI 139 comme une réserve. [12] À l’été 1896, les États‑Unis ont expulsé au Canada environ 500 Cris canadiens. La majorité de ces personnes (qui ont eu des enfants aux États‑Unis) avaient fui aux États‑Unis pendant la Rébellion du Nord‑Ouest ou à la suite de celle‑ci. La plupart des Cris expulsés ont été escortés jusqu’à leur ancienne réserve, mais environ 150 ont exprimé le désir d’aller à Hobbema, où ils ont été établis de manière permanente dans la réserve de Bobtail alors vacante par les fonctionnaires du département des Affaires des Sauvages (ci‑après le ministère des Affaires indiennes ou le ministère). Avant de devenir la bande de Montana, ce groupe portait le nom de son chef, Little Bear. [13] La bande de Montana prétend que la RI 139 a été mise de côté pour elle en 1896, comme l’ont confirmé ensuite des fonctionnaires lors d’une rencontre avec Little Bear à Ottawa en février 1897. [14] En 1901, les fonctionnaires ont demandé à la bande de Montana de céder une petite parcelle de la RI 139 pour la construction d’une route. La bande de Montana a accepté et a signé un accord de cession. Dans les années qui ont suivi, le gouvernement a demandé à maintes reprises à la bande de Montana de céder d’autres parties de la RI 139. La bande de Montana a toujours refusé. [15] Le 12 juin 1909, la Couronne a obtenu une cession de la RI 139 sans avoir consulté la bande de Montana et à son insu. La cession a été faite par d’anciens membres de la bande de Bobtail qui appartenaient alors à la bande de Samson ou d’Ermineskin. La bande de Montana soutient que les anciens membres de la bande de Bobtail n’avaient aucun droit sur la RI 139 au moment de la cession parce qu’ils n’ont emporté avec eux aucun droit sur la réserve lorsqu’ils se sont joints aux bandes de Samson et d’Ermineskin. Elle soutient en outre que les bandes de Samson et d’Ermineskin n’ont jamais eu de droits sur la RI 139. [16] La bande de Montana soutient qu’il n’y a qu’elle qui avait droit à l’usage et au profit de la RI 139 jusqu’au 12 juin 1909 inclusivement et que la cession survenue ce jour‑là était invalide. En conséquence, il n’y a qu’elle qui avait un intérêt dans la RI 139 à la conclusion des transactions en juin 1909. [17] Les deux autres accords conclus entre les [traduction] « propriétaires de la réserve indienne de Samson no 137 » et les [traduction] « propriétaires de la réserve indienne de Bobtail no 139 », et entre les [traduction] « propriétaires de la réserve indienne d’Ermineskin no 138 » et les [traduction] « propriétaires de la réserve indienne de Bobtail no 139 », datés respectivement du 14 et du 17 juin 1909, qui font partie de la transaction globale, seront décrits plus en détail plus loin dans les présents motifs. La revendication de la bande d’Ermineskin [18] La bande d’Ermineskin revendique un droit conjoint avec la bande de Samson sur la RI 139. [19] En 1885 et 1886, des membres de la bande de Bobtail, dont le chef Bobtail, se sont retirés du traité et ont accepté un certificat de Métis. En 1887, le chef Bobtail et des membres de sa famille ont été réadmis dans le Traité et sont retournés dans les réserves situées à Peace Hills. Les membres de la bande de Bobtail qui ne s’étaient pas retirés du Traité ont été transférés unilatéralement par l’agent des Sauvages (ci‑après l’agent des Indiens) dans les registres des annuités de la bande de Samson ou de la bande d’Ermineskin. Aucun registre des annuités n’a été tenu pour la bande de Bobtail après 1886. La bande d’Ermineskin soutient que, malgré la libération du chef Bobtail et des membres de sa famille et leur réadmission subséquente dans le Traité, et malgré le transfert des autres membres de la bande de Bobtail aux bandes d’Ermineskin et de Samson, toutes ces personnes ont continué d’être des membres de la bande de Bobtail et celle‑ci n’a pas cessé d’exister, contrairement à ce que la bande de Montana prétend. [20] La bande d’Ermineskin soutient qu’elle et la bande de Samson ont accepté tous les membres de la bande de Bobtail qui se sont joints à elles parce qu’ils partageaient les droits et les intérêts de leurs membres et que, de leur côté, ceux‑ci partageaient les droits et les intérêts des membres de la bande de Bobtail. La bande d’Ermineskin reconnaît qu’il existait trois bandes distinctes, mais elle fait valoir que cela ne change rien au fait qu’elles avaient des liens étroits. En outre, les raisons pour lesquelles la bande d’Ermineskin et la bande de Samson ont accepté les membres de la bande de Bobtail doivent être interprétées en tenant compte de l’organisation sociale crie et de la structure des bandes cries. [21] La bande d’Ermineskin fait également valoir que, même si la bande de Bobtail a cessé d’exister en pratique, ses droits collectifs sur sa réserve n’ayant jamais été éteints ou cédés, ils ont été transférés à ses ayants droit, les bandes d’Ermineskin et de Samson, en raison de leurs liens étroits et de l’acceptation des membres de cette bande pour cette raison. [22] En ce qui concerne la revendication de la bande de Montana, la bande d’Ermineskin soutient que les Cris canadiens qui ont été expulsés des États‑Unis ont été placés dans la RI 139 de façon temporaire. En 1898, les deux tiers d’entre eux étaient partis et ceux qui restaient n’ont pas acquis un intérêt dans la réserve de Bobtail, laquelle n’avait jamais été cédée. De plus, la preuve n’indique pas que la Couronne avait l’intention, avant 1909, de mettre de coté une partie ou la totalité de la RI 139 en vue d’en faire une réserve pour la bande de Montana. [23] La bande d’Ermineskin conteste également la validité de la cession du 12 juin 1909. La revendication de la bande de Samson [24] La bande de Samson revendique un droit conjoint avec la bande d’Ermineskin sur la RI 139. [25] En 1877, le chef Bobtail a adhéré au Traité no 6. Comme le Canada et les territoires du Nord‑Ouest ont été sous la souveraineté de la Grande-Bretagne jusqu’en 1931, le Traité no 6 et les parties à celui‑ci sont assujettis aux règles du droit international régissant les accords conclus entre nations. En 1885 et en 1886, des membres de la bande de Bobtail, dont le chef Bobtail, ont été libérés du traité à leur demande et ont accepté des certificats de Métis. En 1887, le chef Bobtail et sa famille ont été réadmis dans le Traité et sont retournés dans les réserves situées à Peace Hills. La même année, sans avoir l’autorité nécessaire ou sans avoir obtenu le consentement requis, l’agent des Indiens a transféré les membres de la bande de Bobtail qui ne s’étaient pas retirés du traité dans les registres des annuités de la bande de Samson ou de la bande d’Ermineskin. Le ministère n’a plus utilisé le registre des annuités de la bande Bobtail après 1886. Les libérations, les transferts et l’accord de réadmission étaient invalides et n’ont pas changé le statut juridique du chef Bobtail et des autres membres de sa bande ou leur droit d’appartenir à la fois à la bande de Bobtail et à la bande de Samson ou d’Ermineskin. La bande de Bobtail n’a cessé d’exister en droit qu’en 1909. [26] La bande de Samson prétend que la nature des liens étroits et l’organisation sociale des Cris des Plaines leur permettaient, à elle et à la bande d’Ermineskin, d’accepter les membres de la bande de Bobtail. Les membres de la bande de Bobtail qui se sont joints à la bande de Samson ou à la bande d’Ermineskin appartenaient à la fois à la bande de Bobtail et à la bande de Samson ou d’Ermineskin; ils pensaient alors qu’ils auraient les mêmes droits et les mêmes intérêts que les autres membres de ces bandes et que ces derniers auraient les mêmes droits et les mêmes intérêts qu’eux, notamment leurs droits collectifs à titre de propriétaires bénéficiaires de la RI 139. [27] La bande de Samson fait siennes les prétentions de la bande d’Ermineskin concernant la question des ayants droit. [28] La bande de Samson reconnaît que l’adhésion du chef Big Bear au Traité no 6 a fait en sorte que la bande de Little Bear / de Montana était aussi visée par le traité. Le Traité no 6 ne conférait toutefois aucun droit à la bande de Montana relativement à la RI 139. En installant les Cris canadiens expulsés des États‑Unis dans la RI 139 en 1896 et en faisant en sorte qu’ils y restent, la Couronne a omis à tort de tenir compte de la présence et de l’intérêt des membres de la bande de Bobtail. [29] La bande de Samson conteste également la validité de la cession du 12 juin 1909 pour les raisons qui seront examinées plus loin. Les témoins [30] Tous les demandeurs fondent leurs revendications sur de nombreux documents historiques. Plusieurs experts ont été appelés à cerner, à analyser et à situer le contexte dans lequel ces documents ont été créés. En particulier, les parties ont considéré qu’il était important que la Cour comprenne l’influence qu’a eue la dynamique politique, culturelle et sociale de l’époque sur la formation de l’Ouest canadien à la fin du 19e siècle et, du même coup, l’évolution de la relation existant entre le gouvernement du Canada et les Cris des Plaines, ainsi que les raisons ayant justifié l’élaboration et la mise en oeuvre de différents objectifs et politiques gouvernementaux à la fin des années 1800. Une grande partie de ces connaissances spéciales ont été communiquées à la Cour par des témoins experts et des Aînés. [31] Les demandeurs considéraient qu’il était également important que la Cour connaisse le point de vue des Cris sur ces documents historiques. C’est pour cette raison qu’un certain nombre d’Aînés cris ont témoigné. La bande de Montana [32] La bande de Montana a fait témoigner un seul expert, Sarah Carter. Témoin expert : Sarah Alexandra Carter [33] Mme Carter, qui a été le premier témoin à être reconnu comme expert au procès, est titulaire d’un baccalauréat ès arts et d’une maîtrise en histoire de l’Université de la Saskatchewan, ainsi que d’un doctorat de l’Université du Manitoba. Elle est une spécialiste de l’histoire du Canada, de l’histoire de la Grande-Bretagne impériale et du Commonwealth et des contacts culturels en Amérique. Elle enseigne actuellement au département d’histoire de l’Université de Calgary. [34] En plus d’avoir donné de nombreux cours à l’université, elle a publié des ouvrages et des articles de référence sur divers sujets se rapportant à l’histoire des Autochtones et de l’Ouest canadien au 19e siècle. [35] Mme Carter a été acceptée en tant que témoin expert de l’histoire du Canada afin qu’elle donne son opinion sur le contexte historique dans lequel la RI 139 a été cédée en 1909. Elle a produit un rapport intitulé « The Historical Background to the 1909 Surrender of Indian Reserve No. 139 » (pièce 3574). La bande de Samson [36] La bande de Samson a fait témoigner quatre témoins experts et deux Aînés. Témoins experts : Edward Van Dyke [37] M. Van Dyke est titulaire d’un baccalauréat ès arts en anthropologie et en théologie du Bethel College de St. Paul, au Minnesota. Il a obtenu une maîtrise en anthropologie sociale et culturelle et un Ph.D. en anthropologie sociale et culturelle / anthropologie psychologique de l’Université de l’Alberta. [38] Pendant les trente dernières années, M. Van Dyke a travaillé comme expert‑conseil et a effectué diverses recherches, notamment sur la culture des Cris des Plaines. Il a vécu et travaillé durant de nombreuses années avec les Cris des Plaines en tant qu’anthropologue social et culturel. [39] M. Van Dyke a été reconnu comme expert dans le domaine de l’anthropologie culturelle et sociale possédant une connaissance particulière de la culture des Cris des Plaines. Son principal rapport s’intitule « The Plains Cree » (pièce 3619). Il a aussi produit un rapport intitulé « Response to Alexander von Gernet » en réplique à la contre‑preuve (pièce 3620). Hugh Dempsey [40] M. Dempsey a été un témoin particulier puisqu’il a témoigné à la fois pour la bande de Samson et pour la bande d’Ermineskin. [41] Même s’il a officiellement pris sa retraite du Glenbow Museum de Calgary, M. Dempsey continue d’effectuer des recherches à titre d’historien et agit comme expert‑conseil. [42] M. Dempsey a été embauché par le Glenbow Museum en 1956 pour s’occuper de la création des archives. C’est lui qui a rassemblé la plus grande partie des objets les plus anciens qui font partie des archives du musée. Les documents qu’il a acquis concernaient principalement l’histoire de l’Ouest du Canada, notamment les peuples autochtones, la traite des fourrures, l’exploration, les missionnaires, la colonisation et l’histoire urbaine. Il a quitté son poste d’archiviste en 1967 pour devenir le directeur technique responsable de toutes les sections de conservation du Glenbow Museum. [43] Au cours de sa carrière d’historien, M. Dempsey a écrit de nombreux ouvrages et articles sur l’histoire des Cris des Plaines, a été membre de plusieurs organisations autochtones et a reçu de nombreuses récompenses, notamment un doctorat honorifique de l’Université de Calgary, ainsi que l’Ordre du Canada pour sa contribution à la vie des peuples autochtones et de la population de l’Ouest canadien. [44] Depuis qu’il a pris sa retraite du Glenbow Museum en 1991, M. Dempsey a écrit des ouvrages, notamment sur plusieurs personnages historiques autochtones du Canada, et a prononcé des allocutions devant différents groupes de professionnels et de non‑professionnels sur des sujets liés à l’histoire du Canada. Il a en outre dirigé l’Alberta History, une revue trimestrielle, et a agi comme expert‑conseil sur des questions juridiques et historiques. [45] M. Dempsey a pu donner son opinion en tant qu’historien spécialiste de l’histoire des Cris des Plaines. Il a notamment donné un témoignage d’opinion sur Big Bear, sa famille et ses partisans. [46] Le rapport de M. Dempsey s’intitule « Big Bear, Little Bear, Treaty Six, and the North-West Rebellion » (pièce 3623). M. Dempsey a aussi produit un rapport en guise de réplique à la contre‑preuve (pièce 3624). Carl Beal [47] M. Beal est titulaire d’un baccalauréat ès arts et d’un diplôme avec mention très bien en économie ainsi que d’une maîtrise de l’Université de la Saskatchewan. Sa thèse de maîtrise portait sur l’histoire de la pensée économique. Il a aussi obtenu un Ph.D. de l’Université du Manitoba. Il a indiqué que le développement économique et l’histoire de l’économie, en particulier en ce qui concerne les Autochtones du Canada, plus particulièrement ceux de l’Ouest canadien, font partie de ses domaines de spécialisation. [48] Il est actuellement professeur agrégé au département d’études indiennes du Saskatchewan Indian Federated College et chercheur institutionnel de cet établissement. Il agit également comme expert‑conseil dans le domaine du développement socio‑économique. [49] M. Beal a pu donner son opinion en tant qu’expert de l’économie, en particulier l’histoire de l’économie et, plus particulièrement, le développement économique des réserves indiennes. [50] M. Beal a produit deux rapports : « Expert Report of Dr. Carl Beal » (pièce 3766) et « Sur‑Rebuttal Report of Dr. Carl Beal » (pièce 3767). David Miller [51] Le dernier témoin expert de la bande de Samson était David Miller, un professeur agrégé d’études indiennes du Saskatchewan Indian Federated College, un établissement situé à Regina. Après avoir obtenu un baccalauréat ès arts avec une majeure en histoire, en expression orale et en art dramatique de la Dakota Wesleyan University, M. Miller a obtenu une maîtrise en histoire américaine de l’Université du Dakota du Nord, située à Grand Forks. Il a ensuite été accepté à l’Université de l’Indiana, à Bloomington, où il a défendu une thèse de doctorat en anthropologie. Il s’est spécialisé dans plusieurs domaines, notamment l’identité ethnique, l’ethnohistoire, l’histoire, la religion ainsi que les liens de parenté et l’organisation sociale. Il est actuellement professeur agrégé au département d’études indiennes du Saskatchewan Indian Federated College, à Regina. [52] M. Miller a expliqué qu’en raison de ses études supérieures en histoire et en anthropologie et du type de travail qu’il fait maintenant, il se considère comme un anthropologue historien et, plus particulièrement, comme un ethnologue des Plaines, une spécialité relevant du domaine de l’anthropologie culturelle et sociale, avec un intérêt marqué pour l’Amérique du Nord. [53] On a considéré que M. Miller avait une expertise en tant qu’historien et anthropologue et qu’il possédait les compétences requises pour témoigner à titre d’expert relativement aux Indiens des Plaines, notamment en donnant un témoignage d’opinion sur l’histoire de ces Indiens. [54] De plus, M. Miller a produit deux rapports : « The 1885 Refugee Crees and their Relatives, and their Sojourn in Montana, 1885-1896: A Survey of U.S. Documentary Sources » (pièce 4672) et « Sur‑Rebuttal Report of Dr. David R. Miller » (pièce 4673). Aînés de la bande de Samson Eric Tootoosis [55] M. Tootoosis, un membre de la Nation crie Poundmaker, laquelle vit à l’ouest de North Battleford, en Saskatchewan, a été chargé de présenter les deux Aînés, Amelia Potts et Solomon Stone, et de décrire le rôle d’un Aîné au sein de la communauté crie assiniboine. [56] Il a indiqué que les Aînés forment un groupe très important dans leur société. Il a expliqué que l’on se tourne vers eux pour obtenir des instructions et des conseils et pour mieux comprendre les cérémonies et la vie. [57] M. Tootoosis a dit de Mme Potts qu’elle était une Aînée très respectée au sein de la communauté crie. Amelia Potts [58] Mme Potts est née dans la réserve de Samson, dans l’Agence d’Hobbema, en Alberta. Ses parents et ses grands‑parents étant des Cris, sa langue maternelle est le cri. Elle a fréquenté un pensionnat de la région d’Hobbema lorsqu’elle était enfant, mais sa grand‑mère lui a enseigné le mode de vie traditionnel. C’est aussi sa grand‑mère qui lui a appris différentes histoires, notamment une histoire au sujet de l’époque difficile de la Rébellion du Nord‑Ouest en 1885. [59] Mme Potts a reçu une pièce de tissu et du tabac en échange de son récit concernant la Rébellion. Solomon Stone [60] M. Tootoosis a également présenté M. Stone à la Cour. Connaissant M. Stone depuis l’âge de huit ans, M. Tootoosis l’a décrit comme un membre de la réserve de Mosquito et un Aîné respecté de la communauté crie assiniboine. [61] M. Stone est né dans la réserve de Mosquito. Sa mère est crie et son père, assiniboine. Il a été élevé par ses grands‑parents assiniboines. Sa langue maternelle est l’assiniboin et il a appris le cri plus tard. Sa grand‑mère lui a raconté des histoires et, plus particulièrement, lui a parlé d’événements survenus pendant la Rébellion du Nord‑Ouest, au cours de laquelle un membre de sa famille a été pendu. [62] Après avoir reçu du tabac et une pièce de tissu, M. Stone a répété à la Cour l’histoire que sa grand‑mère lui avait racontée au sujet de son oncle et de son cousin. La bande d’Ermineskin [63] La bande d’Ermineskin a fait témoigner deux experts et deux de ses Aînés. Témoins experts : Hugh Dempsey [64] M. Dempsey a également témoigné en qualité d’expert pour la bande d’Ermineskin. Il a été reconnu comme un expert de l’histoire de l’Ouest canadien et des Cris des Plaines, capable de fournir un témoignage sur les Cris des Plaines, en particulier ceux de la région de Peace Hills. Il a produit deux rapports : un rapport principal intitulé « A History of Bobtail and the Bear Hills Crees to 1885 » (pièce 4735) et un autre document intitulé « Surrebuttal Report by Hugh A. Dempsey » (pièce 4736). Gwynneth Jones [65] Mme Jones a obtenu un baccalauréat ès arts en histoire et une maîtrise en administration publique de l’Université Queen’s et, huit ans plus tard, une maîtrise ès arts en histoire de l’Université York. [66] Mme Jones a indiqué dans son témoignage qu’elle s’est surtout intéressée à l’histoire et à la politique canadiennes dans le cadre de ses études de baccalauréat. Le programme de la maîtrise ès arts en administration publique comportait la réalisation de travaux et la rédaction de documents portant sur différents sujets, notamment la théorie administrative et l’administration publique canadienne. [67] Mme Jones a aussi travaillé comme chercheuse dans le domaine des revendications territoriales des Indiens pour le Secrétariat des affaires autochtones de l’Ontario. Dans le cadre de ce travail, elle devait examiner des documents, notamment des documents faisant partie du groupe RG 10 des Archives nationales qui se rapporte aux Affaires indiennes, des dossiers de l’arpenteur en chef et des documents du Conseil privé et du ministère de la Justice. [68] Mme Jones est également titulaire d’une maîtrise en histoire. Ses études ont surtout porté sur les politiques publiques adoptées au 19e siècle et sur leur mise en oeuvre par les différents ordres de gouvernement. Après avoir obtenu sa maîtrise, Mme Jones est retournée au Secrétariat des affaires autochtones de l’Ontario, l’organisme chargé de la recherche pour toutes les revendications territoriales et relatives aux ressources naturelles de l’Ontario, y compris celles concernant les cessions de terres, la validité des cessions, la validité des traités et les ventes de terres consécutives à une cession. [69] Elle travaille actuellement comme experte‑conseil indépendante. [70] Mme Jones a pu témoigner en qualité d’historienne spécialiste de l’interprétation de l’interaction entre le gouvernement canadien (y compris les fonctionnaires) et les peuples autochtones, sur la base du dossier historique. [71] Mme Jones a produit trois rapports : « Chief Bobtail, the Maskwachees Cree, the Department of Indian Affairs and the Bobtail Indian Reserve 139: A Historical Chronology of Developments Prior to the Surrender of June, 1909 » (pièce 4749), « Rebuttal Report Re: The Historical Background to the 1909 Surrender of Indian Reserve No. 139, S. Carter, Ph.D. » (pièce 4750) et « Surrebuttal Report » (pièce 4751). Aînés de la bande d’Ermineskin Lester Fraynn [72] Lester Fraynn, un membre de la Nation crie d’Ermineskin, a présenté à la Cour les deux Aînés, John Ermineskin et Gordon Lee, et a décrit le rôle d’un Aîné dans la communauté. [73] M. Fraynn a expliqué qu’un Aîné est connu pour sa connaissance de la culture, pour sa sagesse et pour son aptitude à conseiller son peuple sur les cérémonies et les autres activités culturelles. En outre, les Aînés sont chargés de la célébration de certaines cérémonies comme les sueries et les séances de prières. [74] M. Fraynn a indiqué que M. Ermineskin est un Aîné très respecté qui, du fait de ses connaissances et de sa sagesse, conseille le chef et le conseil. Il est aussi porteur de calumet, un personnage sacré pour son peuple. John Ermineskin [75] M. Ermineskin, un membre de la Nation crie d’Ermineskin et de la bande indienne du même nom, est né dans la réserve d’Ermineskin. Sa langue maternelle est le cri et il a appris l’anglais au pensionnat. M. Ermineskin a été chef de 1990 à 1996 et conseiller de la bande de 1988 à 1990 et de 1996 à 2000. [76] Le père de M. Ermineskin était Baptiste Ermineskin, son grand‑père paternel, Pany Ermineskin et sa grand‑mère, Bella Ermineskin. Il a expliqué que Baptiste Ermineskin était le chef Ermineskin, le premier chef de la Nation crie d’Ermineskin. [77] Il est le fils de Lucy Smallboy et le neveu de Jennie Smallboy. Sa mère est décédée alors qu’il était enfant et c’est sa tante qui l’a élevé. Ses grands‑parents maternels s’appelaient Isabelle Smallboy et Joe Smallboy. Le père d’Isabelle Smallboy était Coyote, le fils du chef Bobtail. [78] Les grands‑mères de M. Ermineskin, Isabelle Smallboy et Bella Ermineskin, et son cousin, George Ermineskin, lui ont appris des choses au sujet de l’histoire de la bande d’Ermineskin. [79] M. Ermineskin a mentionné dans son témoignage que ses grands‑mères lui ont raconté comment le chef Bobtail a choisi les emplacements des réserves à Hobbema. Gordon Lee [80] M. Fraynn a également présenté M. Lee à la Cour. Il a indiqué qu’il connaît M. Lee depuis toujours et que celui‑ci est un Aîné respecté dans sa communauté et un porteur de calumet. M. Lee célèbre différents types de sueries et d’autres cérémonies culturelles tout au long de l’année; il a aussi fait une danse du soleil. [81] M.
Source: decisions.fct-cf.gc.ca
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