Ménard c. La Reine
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Ménard c. La Reine Base de données – Cour (s) Jugements de la Cour canadienne de l'impôt Date 2009-07-13 Référence neutre 2009 CCI 363 Numéro de dossier 96-2936(IT)I Juges et Officiers taxateurs Gaston Jorré Sujets Loi de l'impôt sur le revenu Contenu de la décision Dossier : 96-2936(IT)I ENTRE : CLAUDE MÉNARD, appelant, et SA MAJESTÉ LA REINE, intimée. Appel entendu sur preuve commune avec les appels de Marcel Beauregard (2004‑181(IT)I), Jean-Pierre Gamache (2002‑2520(IT)I), Manon Chartré (96‑3516(IT)I), Succession Jean Nadeau (96-3127(IT)I), Jean St-Pierre (96‑3142(IT)I), Paul Lafontaine (96-3144(IT)I), Selim Toutounji (96-3489(IT)I), Marion Sahapoglu-Forest (97-98(IT)I, 96-3056(IT)I), Gilles Brassard (96-3289(IT)I, 96-3257(IT)I), du 4 au 21 septembre 2007, à Montréal (Québec). Devant : L'honorable juge Gaston Jorré Comparutions : Pour l'appelant : L'appelant lui-même Avocats de l'intimée : Me Pierre Cossette Me Philippe Dupuis JUGEMENT L'appel de la nouvelle cotisation établie en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu pour l'année d'imposition 1989 est rejeté, sans frais, selon les motifs du jugement ci-joints. Signé à Ottawa, Canada, ce 13e jour de juillet 2009. « Gaston Jorré » Juge Jorré Dossier : 2004-181(IT)I ENTRE : MARCEL BEAUREGARD, appelant, et SA MAJESTÉ LA REINE, intimée. Appel entendu sur preuve commune avec les appels de Claude Ménard (96‑2936(IT)I), Jean-Pierre Gamache (2002‑2520(IT)I), Manon Chartré (96‑3516(IT)I), Succession Jean Nadeau (96-3127(IT)I), Je…
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Ménard c. La Reine Base de données – Cour (s) Jugements de la Cour canadienne de l'impôt Date 2009-07-13 Référence neutre 2009 CCI 363 Numéro de dossier 96-2936(IT)I Juges et Officiers taxateurs Gaston Jorré Sujets Loi de l'impôt sur le revenu Contenu de la décision Dossier : 96-2936(IT)I ENTRE : CLAUDE MÉNARD, appelant, et SA MAJESTÉ LA REINE, intimée. Appel entendu sur preuve commune avec les appels de Marcel Beauregard (2004‑181(IT)I), Jean-Pierre Gamache (2002‑2520(IT)I), Manon Chartré (96‑3516(IT)I), Succession Jean Nadeau (96-3127(IT)I), Jean St-Pierre (96‑3142(IT)I), Paul Lafontaine (96-3144(IT)I), Selim Toutounji (96-3489(IT)I), Marion Sahapoglu-Forest (97-98(IT)I, 96-3056(IT)I), Gilles Brassard (96-3289(IT)I, 96-3257(IT)I), du 4 au 21 septembre 2007, à Montréal (Québec). Devant : L'honorable juge Gaston Jorré Comparutions : Pour l'appelant : L'appelant lui-même Avocats de l'intimée : Me Pierre Cossette Me Philippe Dupuis JUGEMENT L'appel de la nouvelle cotisation établie en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu pour l'année d'imposition 1989 est rejeté, sans frais, selon les motifs du jugement ci-joints. Signé à Ottawa, Canada, ce 13e jour de juillet 2009. « Gaston Jorré » Juge Jorré Dossier : 2004-181(IT)I ENTRE : MARCEL BEAUREGARD, appelant, et SA MAJESTÉ LA REINE, intimée. Appel entendu sur preuve commune avec les appels de Claude Ménard (96‑2936(IT)I), Jean-Pierre Gamache (2002‑2520(IT)I), Manon Chartré (96‑3516(IT)I), Succession Jean Nadeau (96-3127(IT)I), Jean St-Pierre (96‑3142(IT)I), Paul Lafontaine (96-3144(IT)I), Selim Toutounji (96-3489(IT)I), Marion Sahapoglu-Forest (97-98(IT)I, 96-3056(IT)I), Gilles Brassard (96-3289(IT)I, 96-3257(IT)I), du 4 au 21 septembre 2007, à Montréal (Québec). Devant : L'honorable juge Gaston Jorré Comparutions : Pour l'appelant : L'appelant lui-même Avocats de l'intimée : Me Pierre Cossette Me Philippe Dupuis JUGEMENT L'appel des nouvelles cotisations établies en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu pour les années d'imposition 1990 et 1991 est rejeté, sans frais, selon les motifs du jugement ci-joints. Signé à Ottawa, Canada, ce 13e jour de juillet 2009. « Gaston Jorré » Juge Jorré Dossier : 2002‑2520(IT)I ENTRE : JEAN-PIERRE GAMACHE, appelant, et SA MAJESTÉ LA REINE, intimée. Appel entendu sur preuve commune avec les appels de Claude Ménard (96‑2936(IT)I), Marcel Beauregard (2004-181(IT)I), Manon Chartré (96‑3516(IT)I), Succession Jean Nadeau (96-3127(IT)I), Jean St-Pierre (96‑3142(IT)I), Paul Lafontaine (96-3144(IT)I), Selim Toutounji (96-3489(IT)I), Marion Sahapoglu-Forest (97-98(IT)I, 96-3056(IT)I), Gilles Brassard (96-3289(IT)I, 96-3257(IT)I), du 4 au 21 septembre 2007, à Montréal (Québec). Devant : L'honorable juge Gaston Jorré Comparutions : Pour l'appelant : L'appelant lui-même Avocats de l'intimée : Me Pierre Cossette Me Philippe Dupuis JUGEMENT L'appel des nouvelles cotisations établies en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu pour les années d'imposition 1989, 1990 et 1991 est rejeté, sans frais, selon les motifs du jugement ci-joints. Signé à Ottawa, Canada, ce 13e jour de juillet 2009. « Gaston Jorré » Juge Jorré Dossier : 96‑3516(IT)I ENTRE : MANON CHARTRÉ, appelante, et SA MAJESTÉ LA REINE, intimée. Appel entendu sur preuve commune avec les appels de Claude Ménard (96‑2936(IT)I), Marcel Beauregard (2004-181(IT)I), Jean-Pierre Gamache (2002‑2520(IT)I), Succession Jean Nadeau (96-3127(IT)I), Jean St-Pierre (96‑3142(IT)I), Paul Lafontaine (96-3144(IT)I), Selim Toutounji (96-3489(IT)I), Marion Sahapoglu-Forest (97-98(IT)I, 96-3056(IT)I), Gilles Brassard (96-3289(IT)I, 96-3257(IT)I), du 4 au 21 septembre 2007, à Montréal (Québec). Devant : L'honorable juge Gaston Jorré Comparutions : Pour l'appelante: L'appelante elle-même Avocats de l'intimée : Me Pierre Cossette Me Philippe Dupuis JUGEMENT L'appel de la nouvelle cotisation établie en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu pour l’année d'imposition 1992 est rejeté, sans frais, selon les motifs du jugement ci-joints. Signé à Ottawa, Canada, ce 13e jour de juillet 2009. « Gaston Jorré » Juge Jorré Dossier : 96-3127(IT)I ENTRE : SUCCESSION JEAN NADEAU, appelante, et SA MAJESTÉ LA REINE, intimée. Appel entendu sur preuve commune avec les appels de Claude Ménard (96‑2936(IT)I), Marcel Beauregard (2004-181(IT)I), Jean-Pierre Gamache (2002‑2520(IT)I), Manon Chartré (96‑3516(IT)I), Jean St-Pierre (96‑3142(IT)I), Paul Lafontaine (96-3144(IT)I), Selim Toutounji (96-3489(IT)I), Marion Sahapoglu-Forest (97-98(IT)I, 96-3056(IT)I), Gilles Brassard (96-3289(IT)I, 96-3257(IT)I), du 4 au 21 septembre 2007, à Montréal (Québec). Devant : L'honorable juge Gaston Jorré Comparutions : Représentant de l'appelante : Richard Pagé Avocats de l'intimée : Me Pierre Cossette Me Philippe Dupuis JUGEMENT L'appel de la nouvelle cotisation établie en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu pour l’année d'imposition 1989 est rejeté, sans frais, selon les motifs du jugement ci-joints. Signé à Ottawa, Canada, ce 13e jour de juillet 2009. « Gaston Jorré » Juge Jorré Dossier : 96‑3142(IT)I ENTRE : JEAN ST-PIERRE, appelant, et SA MAJESTÉ LA REINE, intimée. Appel entendu sur preuve commune avec les appels de Claude Ménard (96‑2936(IT)I), Marcel Beauregard (2004-181(IT)I), Jean-Pierre Gamache (2002‑2520(IT)I), Manon Chartré (96‑3516(IT)I), Succession Jean Nadeau (96‑3127(IT)I), Paul Lafontaine (96-3144(IT)I), Selim Toutounji (96-3489(IT)I), Marion Sahapoglu-Forest (97-98(IT)I, 96-3056(IT)I), Gilles Brassard (96-3289(IT)I, 96-3257(IT)I), du 4 au 21 septembre 2007, à Montréal (Québec). Devant : L'honorable juge Gaston Jorré Comparutions : Pour l'appelant : L'appelant lui-même Avocats de l'intimée : Me Pierre Cossette Me Philippe Dupuis JUGEMENT L'appel de la nouvelle cotisation établie en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu pour l’année d'imposition 1989 est rejeté, sans frais, selon les motifs du jugement ci-joints. Signé à Ottawa, Canada, ce 13e jour de juillet 2009. « Gaston Jorré » Juge Jorré Dossier : 96-3144(IT)I ENTRE : PAUL LAFONTAINE, appelant, et SA MAJESTÉ LA REINE, intimée. Appel entendu sur preuve commune avec les appels de Claude Ménard (96‑2936(IT)I), Marcel Beauregard (2004-181(IT)I), Jean-Pierre Gamache (2002‑2520(IT)I), Manon Chartré (96‑3516(IT)I), Succession Jean Nadeau (96‑3127(IT)I), Jean St-Pierre (96‑3142(IT)I), Selim Toutounji (96-3489(IT)I), Marion Sahapoglu-Forest (97-98(IT)I, 96-3056(IT)I), Gilles Brassard (96-3289(IT)I, 96-3257(IT)I), du 4 au 21 septembre 2007, à Montréal (Québec). Devant : L'honorable juge Gaston Jorré Comparutions : Pour l'appelant : L'appelant lui-même Avocats de l'intimée : Me Pierre Cossette Me Philippe Dupuis JUGEMENT L'appel de la nouvelle cotisation établie en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu pour l’année d'imposition 1989 est rejeté, sans frais, selon les motifs du jugement ci-joints. Signé à Ottawa, Canada, ce 13e jour de juillet 2009. « Gaston Jorré » Juge Jorré Dossier : 96-3489(IT)I ENTRE : SELIM TOUTOUNJI, appelant, et SA MAJESTÉ LA REINE, intimée. Appel entendu sur preuve commune avec les appels de Claude Ménard (96‑2936(IT)I), Marcel Beauregard (2004-181(IT)I), Jean-Pierre Gamache (2002‑2520(IT)I), Manon Chartré (96‑3516(IT)I), Succession Jean Nadeau (96‑3127(IT)I), Jean St-Pierre (96‑3142(IT)I), Paul Lafontaine (96-3144(IT)I), Marion Sahapoglu-Forest (97-98(IT)I, 96-3056(IT)I), Gilles Brassard (96-3289(IT)I, 96-3257(IT)I), du 4 au 21 septembre 2007, à Montréal (Québec). Devant : L'honorable juge Gaston Jorré Comparutions : Pour l'appelant : L'appelant lui-même Avocats de l'intimée : Me Pierre Cossette Me Philippe Dupuis JUGEMENT L'appel de la nouvelle cotisation établie en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu pour l’année d'imposition 1992 est rejeté, sans frais, selon les motifs du jugement ci-joints. Signé à Ottawa, Canada, ce 13e jour de juillet 2009. « Gaston Jorré » Juge Jorré Dossiers : 97-98(IT)I 96-3056(IT)I ENTRE : MARION SAHAPOGLU-FOREST, appelante, et SA MAJESTÉ LA REINE, intimée. Appels entendus sur preuve commune avec les appels de Claude Ménard (96‑2936(IT)I), Marcel Beauregard (2004-181(IT)I), Jean-Pierre Gamache (2002‑2520(IT)I), Manon Chartré (96‑3516(IT)I), Succession Jean Nadeau (96‑3127(IT)I), Jean St-Pierre (96‑3142(IT)I), Paul Lafontaine (96-3144(IT)I), Selim Toutounji (96-3489(IT)I), Gilles Brassard (96-3289(IT)I, 96‑3257(IT)I), du 4 au 21 septembre 2007, à Montréal (Québec). Devant : L'honorable juge Gaston Jorré Comparutions : Pour l'appelante : L'appelante elle-même Avocats de l'intimée : Me Pierre Cossette Me Philippe Dupuis JUGEMENT Les appels des nouvelles cotisations établies en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu pour les années d'imposition 1989 et 1992 sont rejetés, sans frais, selon les motifs du jugement ci-joints. Signé à Ottawa, Canada, ce 13e jour de juillet 2009. « Gaston Jorré » Juge Jorré Dossiers : 96-3289(IT)I 96‑3257(IT)I ENTRE : GILLES BRASSARD, appelant, et SA MAJESTÉ LA REINE, intimée. Appels entendus sur preuve commune avec les appels de Claude Ménard (96‑2936(IT)I), Marcel Beauregard (2004-181(IT)I), Jean‑Pierre Gamache (2002‑2520(IT)I), Manon Chartré (96‑3516(IT)I), Succession Jean Nadeau (96‑3127(IT)I), Jean St-Pierre (96‑3142(IT)I), Paul Lafontaine (96-3144(IT)I), Selim Toutounji (96-3489(IT)I), Marion Sahapoglu-Forest (97-98(IT)I, 96-3056(IT)I), du 4 au 21 septembre 2007, à Montréal (Québec). Devant : L'honorable juge Gaston Jorré Comparutions : Pour l'appelant : L'appelant lui-même Avocats de l'intimée : Me Pierre Cossette Me Philippe Dupuis JUGEMENT Les appels des nouvelles cotisations établies en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu pour les années d'imposition 1990 et 1991 sont rejetés, sans frais, selon les motifs du jugement ci-joints. Signé à Ottawa, Canada, ce 13e jour de juillet 2009. « Gaston Jorré » Juge Jorré Référence : 2009 CCI 363 Date : 20090713 Dossiers : 96-2936(IT)I, 2004-181(IT)I 2002‑2520(IT)I, 96-3516(IT)I 96-3127(IT)I, 96-3142(IT)I 96-3144(IT)I, 96-3489(IT)I 97-98(IT)I, 96-3056(IT)I 96-3289(IT)I, 96-3257(IT)I ENTRE : CLAUDE MÉNARD, MARCEL BEAUREGARD, JEAN-PIERRE GAMACHE, MANON CHARTRÉ, SUCCESSION JEAN NADEAU, JEAN ST-PIERRE, PAUL LAFONTAINE, SELIM TOUTOUNJI, MARION SAHAPOGLU‑FOREST, GILLES BRASSARD, appelants, et SA MAJESTÉ LA REINE, intimée. MOTIFS DU JUGEMENT Le juge Jorré I. Introduction [1] Ces appels concernent dix appelants ayant investi dans la Société de recherches expérimentales en télématique enr. (la « SRET » ou « Télématique ») ou dans la Société en nom collectif R&D Mini-Robots enr. (« Mini-Robots »). Ces sociétés en nom collectif ont été organisées par le même promoteur, N. Lassonde. Le tableau à l’annexe A de ces motifs indique, pour chaque appelant, l’investissement dont il est question et l’année dans laquelle l’investissement a été fait. [2] Bien que le ministre du Revenu national (le « ministre ») accepte que les sociétés aient fait de la recherche, dans une certaine mesure, le ministre a néanmoins établi de nouvelles cotisations à l’endroit des appelants et a refusé les déductions de pertes et les crédits d’impôt à l’investissement réclamés par les appelants. [3] La position du ministre est : a) que les appelants n’étaient pas membres de véritables sociétés de personnes, b) que, le cas échéant, les sociétés de personnes en cause n’ont pas exploité d’entreprise, c) que, le cas échéant, les appelants étaient des associés déterminés commanditaires, d) que, le cas échéant, les appelants étaient des associés déterminés passifs, e) que, le cas échéant, les appelants n’étaient pas membres des sociétés en question à la fin de l’année financière en litige, f) que les dépenses de recherche étaient fortement exagérées et que les sociétés n’ont pas engagé toutes les dépenses réclamées, et qu’en conséquence, les appelants n’avaient pas droit de déduire les pertes d’entreprise et les crédits d’impôt à l’investissement réclamés[1]. [4] Bien que plusieurs des appelants aient pris dans leur avis d’appel la position selon laquelle les déductions de pertes et les crédits d’impôt étaient justifiés en fait et en droit, à l’audition ils ont surtout soulevé des moyens accessoires : par exemple, qu’ils avaient une attente légitime selon laquelle les déductions et crédits étaient valables vu que les sociétés avaient des numéros d’abri fiscal en bonne et due forme, que les cotisations initiales avaient accepté les déductions et crédits ou que le ministre aurait dû s’apercevoir qu’il y avait des problèmes plus tôt et aurait dû refuser les déductions dans la cotisation initiale. [5] Bien qu’il y ait des variations entre les appelants, l’exemple suivant décrit la structure d’une transaction typique proposée aux appelants : a) L’investisseur potentiel est sollicité pour une somme d’environ 10 000 $ au cours de l’automne. b) On propose également à l’investisseur une source de financement, X, pour la moitié de la somme, c’est-à-dire 5 000 $ (parfois pour 100 % de l’investissement). c) On explique à l’investisseur qu’il va : i) emprunter 5 000 $ à X, ii) acheter une participation de 10 000 $ dans la société et iii) accorder un droit de premier refus à un autre tiers, Y, lequel droit de premier refus donne à Y le droit d’acheter la participation de l’investisseur dans la société pour 50 % du montant de son investissement, soit 5 000 $ (parfois X et Y sont la même société). d) On explique également à l’investisseur : i) que, dans quelques semaines ou quelques mois, il va recevoir 5 000 $ de Y, qui va acheter sa participation dans la société, ce qui lui permettra de rembourser le prêt de X (ou s’il a emprunté 100 % de l’investissement, la moitié du prêt), et ii) qu’il va bénéficier d’une réduction d’impôt d’à peu près 7 000 $ provenant de : - la déduction de sa part de la perte de la société, environ 10 000 $, ce qui aura pour effet de réduire ses impôts d’environ 5 000 $ et de - la déduction d’un crédit d’impôt d’environ 2 000 $[2], avec la conséquence qu’il aura un gain d’environ 2 000 $. [6] Pour les raisons qui suivent les appels seront rejetés[3]. II. La validité des nouvelles cotisations Les faits[4] Témoignage des appelants Témoignage de Gilles Brassard [7] M. Brassard a investi en 1990 et de nouveau en 1991 dans Mini‑Robots. À l’époque, il était directeur commercial adjoint à la Caisse populaire du Complexe Desjardins. [8] M. Brassard dit avoir eu un double but : bénéficier d’un abri fiscal et investir dans la recherche et le développement (« R&D »). Il croyait que son investissement dans Mini‑Robots n’était pas spéculatif. [9] Il a également confirmé qu’on lui avait proposé le montage financier suivant. Il devait investir 10 000 $, dont un montant de 5 000 $ serait emprunté à une source de financement qu’on lui conseillait. Ensuite, il recevrait un retour de 5 000 $ et une réduction d’impôt d’une valeur de 6 000 $ à 7 000 $, soit un gain net de 1 000 $ à 2 000 $. Il ne se souvient pas d’où le retour de 5 000 $ devait venir. [10] En 1989, il a fait un investissement dans un autre projet, ECT, et l’aspect financier s’était déroulé comme je viens de le décrire. On verra qu’en fait cela s’est déroulé un peu différemment en ce qui concerne Mini-Robots. La cotisation de M. Brassard pour 1989 n’était pas devant la Cour dans cette cause. [11] Quand on a demandé à M. Brassard s’il se souvenait du fait que le retour de 5 000 $ qu’il devait recevoir était en contrepartie de l’achat de sa participation dans Mini-Robots, il a dit qu’il ne se souvenait pas de cela. Par contre, il était d’accord qu’une fois qu’il avait reçu le retour relatif à son investissement en 1991, il n’avait plus de participation dans Mini-Robots. [12] Bien que M. Brassard n’ait qu’un souvenir limité de ce qui s’est passé, sur le plan financier, relativement à son investissement dans Mini-Robots, je conclus qu’en 1990, au lieu d’emprunter 5 000 $, il a emprunté lui‑même le montant de 10 000 $ et a investi 10 000 $ pour acheter une participation dans la SRET. Au moment où il aurait dû recevoir le retour de 5 000 $ (pour 1990), on lui a dit que, pour certaines raisons, cela ne pouvait se faire à ce moment-là[5]. On a proposé à M. Brassard que le montant de 5 000 $ qu’il aurait dû recevoir serve à acheter en partie une participation de 10 000 $ dans Mini-Robots en 1991[6]. Il a accepté[7]. En 1992, il a eu le retour de son argent. Il a fait en tout 20 000 $ d’investissement pour les deux années et a eu un retour de 10 000 $. [13] L’investissement de 1990 s’est fait en décembre[8]. [14] La participation de M. Brassard était très limitée. M. Brassard dit avoir assisté à deux ou à trois réunions de Mini-Robots par année[9]. Les associés ont vu des locaux et de l’équipement, mais ce n’était pas à un moment où les employés travaillaient. On posait aux associés présents des questions relatives au Mini‑Robot en développement (un aspirateur automatique) et il se souvient que certains ont fait des suggestions. Il s’agissait surtout de suggestions qu’on aurait pu demander à n’importe quel consommateur potentiel de faire. [15] Il n’a pas participé aux décisions administratives comme, par exemple, les décisions relatives aux budgets, à la nomination d’associés délégués, à la recherche ou à l’avenir de l’entreprise, et n’a pas été consulté relativement à de telles décisions. [16] Il se souvient qu’il y avait 50 ou 100 associés qui assistaient aux réunions. Il ne connaissait que certaines de ces personnes. La deuxième année, la plupart des individus assistant aux réunions n’étaient plus les mêmes que la première année. [17] La participation de M. Brassard a été limitée : il a fait ce qu’on lui a dit de faire et rien de plus. [18] Sa décision d’investir était individuelle et n’a jamais été prise de concert avec d’autres associés. Il a seulement parlé de ses investissements avec M. Sawodny, la personne qui lui avait conseillé l’investissement. Une fois qu’il avait une participation dans Mini‑Robots, s’il avait des questions, il les posait à M. Sawodny et non aux autres associés de Mini-Robots[10]. Témoignage de Richard Pagé Succession Nadeau [19] M. Pagé n’est pas appelant, il est l’exécuteur testamentaire de M. Jean Nadeau. [20] Il connaissait seulement certains faits relatifs à M. Nadeau. Il a fait la déclaration de revenus de 1989 de M. Nadeau. Il a constaté que M. Nadeau avait investi dans la SRET en avril 1989 et le 19 novembre 1989. M. Nadeau est décédé la semaine suivant le 19 novembre et, en tant qu’exécuteur, M. Pagé a constaté que le retour de 50 % à M. Nadeau est survenu deux ou trois semaines après l’investissement du 19 novembre. [21] Il n’était pas sûr si M. Nadeau avait vendu sa participation dans la SRET au moment du retour de 50 %. [22] Parmi les faits tenus pour acquis par le ministre dans la nouvelle cotisation établie à l’égard de la succession Nadeau se trouvent les suivants : - les membres de la Société ne travaillent pas activement dans la Société; ils n’ont fait que remplir des questionnaires qui n’avaient pas pour effet d’influencer sérieusement les activités de recherche de la Société; - l’appelant est un associé qui, de façon régulière, continue et importante tout au long de l’année en litige où la Société exploite habituellement son entreprise, ne prend pas une part active dans les activités de l’entreprise de la Société et n’exploite pas une entreprise semblable à celle que la Société exploite au cours de cette année; - avant la fin de l’année 1989, Tecktel a acquis la participation de l’appelant pour un montant représentant 50% de sa participation totale dans la Société; - l’appelant n’était plus membre de la Société au 31 décembre 1989. [23] Je conclus que M. Nadeau n’était pas membre de la SRET au 31 décembre 1989. Investissement personnel de M. Pagé dans Mini-Robots [24] Bien qu’il n’était pas l’un des appelants, M. Pagé a également investi personnellement 10 000 $ en 1992 dans Mini-Robots. Il a financé la moitié du montant de 10 000 $ au moyen d’un emprunt à une caisse populaire. C’est le conseiller qui lui a proposé l’investissement dans Mini-Robots qui lui a conseillé d’emprunter à la caisse populaire. Par la suite, il a reçu le retour de 5 000 $ et, en contrepartie du retour, il a cédé sa participation dans Mini-Robots. [25] Ensuite, il s’attendait à faire un gain net d’environ 1 200 $ comme conséquence de la perte déductible et du crédit d’impôt. Il ne s’attendait à rien d’autre de Mini-Robots. [26] Il ne faisait pas affaire avec d’autres personnes pour faire de la recherche scientifique. Il n’a pas participé aux affaires de Mini-Robots et n’a assisté à aucune réunion. [27] Après avoir fait son investissement, il a découvert qu’il connaissait certains autres investisseurs. Témoignage de Manon Chartré [28] Mme Chartré a investi dans Mini-Robots en décembre 1992 et a réclamé une déduction de pertes et des crédits d’impôt sur la base d’un investissement de 10 000 $. [29] Elle se souvient qu’on lui avait accordé un prêt de 50 % du montant de l’investissement. Elle se souvient aussi que le retour de 50 % a été rapide, soit un ou deux mois plus tard. On lui avait expliqué qu’après 1992 tout serait terminé, à part les bénéfices qu’elle aurait en faisant sa déclaration de revenus. [30] La participation de Mme Chartré a été limitée à sa présence à une réunion qui a duré une heure et demie ou deux heures. On lui avait dit que c’était important d’assister à cette réunion. [31] À la réunion, en première partie, il y avait une séance d’information au cours de laquelle des gens ont montré le prototype et ont parlé de recherche et, en deuxième partie, les participants échangeaient des propos sur le prototype. [32] Mme Chartré connaissait quelques amis qui avaient également investi dans Mini-Robots la même année. Ses amis et elle faisaient affaire avec la même personne, qui leur avait conseillé cet investissement. [33] Elle n’avait pas l’intention de faire affaire avec d’autres personnes pour faire de la recherche scientifique. Elle investissait dans une entreprise qui était déjà lancée en affaires et qui était gérée par d’autres, soit le promoteur et des gens autour de lui. Elle a participé à la réunion comme on lui avait dit de faire. Par la suite, on a racheté sa part pour 5 000 $, comme prévu, peu après et c’était terminé. Témoignage de Claude Ménard [34] M. Ménard a réclamé des pertes d’entreprise et des crédits d’impôt sur la base d’un investissement de 15 000 $ dans la SRET. [35] Dans le cas de M. Ménard, selon la documentation en preuve, il a acheté, le 6 novembre 1989, une « part de qualification » de la SRET pour le prix de 1 $. À cette date, il a également signé un document intitulé « Mandat de recherche » visant la compagnie Geyser Informatics Inc. Selon le document en question, M. Ménard avait confié « […] l’exécution du présent contrat de recherche scientifique informatique […] » à Geyser sur paiement de la somme de 15 000 $. À cette date également, M. Ménard a payé par chèque le montant de 15 000 $ à Geyser[11]. [36] Toujours le 6 novembre 1989, M. Ménard a donné à Gestion Tecktel inc. un droit de premier refus sur le « bien issu du contrat de recherche ». Le 21 novembre 1989, soit 15 jours plus tard, Gestion Tecktel a exercé ce droit de premier refus et, par chèque en date du 21 novembre 1989, signé par le promoteur de la SRET, a payé 50 % du montant du contrat de recherche à M. Ménard, soit 7 500 $. [37] Il est impossible de comprendre, à partir de ces documents, comment M. Ménard aurait pu avoir, au 6 novembre 1989 ou au 31 décembre 1989, une participation de plus de 1 $ dans la SRET[12]; par conséquent, sa part de toute perte et de tout crédit serait de 1 $ ou moins. Toutefois, je dois prendre note du fait que le ministre a tenu pour acquis que le mandat de recherche du 6 novembre ne reflétait pas la réalité et qu'en fait M. Ménard avait acquis une participation de 15 000 $ dans la SRET. [38] M. Ménard était d’accord que, lorsqu’on lui avait proposé l’investissement, on lui avait expliqué qu’il y aurait un retour de 50 %. [39] On avait dit à M. Ménard que c’était très important de participer à la SRET et qu’il serait question de l’utilisation d’un terminal. [40] La participation de M. Ménard était limitée à une réunion au cours de laquelle on faisait la démonstration d’un terminal de télécommunication et on offrait aux participants la possibilité d’utiliser le terminal. Il a rempli un questionnaire relatif à l’usage du terminal. Les questions étaient du genre qu’on pourrait poser à des utilisateurs éventuels. [41] Il n’a pas participé autrement à la SRET et ne connaissait pas vraiment le fonctionnement de celle-ci. Il ne participait pas aux décisions administratives. [42] M. Ménard connaissait un seul autre investisseur dans la SRET et ne s’était jamais réuni avec d’autres associés, si ce n’est lors de l’unique réunion à laquelle il a participé. [43] À part le retour d’argent et le bénéfice fiscal, on n’avait jamais donné à entendre à M. Ménard qu’il y aurait un autre profit quelconque qui lui parviendrait de la SRET. M. Ménard était d’accord que, sans les avantages fiscaux, il n’aurait jamais investi dans la SRET. Il était d’accord aussi qu’il n’avait pas eu l’intention d’exploiter une entreprise avec les autres associés de la SRET. [44] Bien que M. Ménard ait affirmé qu’il était toujours membre de la SRET au 31 décembre 1989, il ne semble guère s’être préoccupé de ce qui se passait avec la SRET après cette date. [45] Je conclus qu’au 31 décembre 1989, M. Ménard n’était plus membre de la SRET[13]. Témoignage de Jean St-Pierre [46] Dans le cas de M. St-Pierre[14] : a) Il a signé, le 12 décembre 1989, un document où Infotique Tyra inc. lui fait une soumission pour fourniture de disques laser formatés. Dans ce document, il a accepté la soumission et a acheté un disque formaté d’une capacité de 125 mégaoctets pour 25 000 $. b) Le même jour, il a signé un formulaire d’adhésion par lequel il acquérait une « part de qualification » de la SRET pour 1 $[15]. c) Le 15 décembre 1989, il a fait un chèque de 25 000 $ payable à Infotique Tyra inc. d) Il a signé un document intitulé « Cession », en date du 10 janvier 1990, par lequel, en tant que sociétaire de la SRET et propriétaire d’un prototype de disque laser pour bibliothèque personnelle, il vendait tous ses intérêts dans le prototype de disque laser à Infotique Tyra inc. En témoignant, M. St‑Pierre était d’avis qu’il avait signé ce document le 12 décembre 1989[16]. [47] M. St-Pierre a réclamé une déduction de pertes et un crédit d’impôt sur la base qu’il avait investi 25 000 $ dans la SRET en décembre 1989[17]. [48] Il a emprunté 25 000 $ et on lui a dit qu’on lui rembourserait 50 % de ce montant. À la cotisation initiale, il a eu suffisamment d’avantages fiscaux pour qu’il puisse faire un gain d’environ 5 000 $ en tenant compte de l’impôt fédéral et de l’impôt du Québec. [49] Étant donné les documents signés le 12 décembre, je conclus que M. St‑Pierre ne peut avoir acquis une participation de plus de 1 $ dans la SRET[18]. [50] M. St-Pierre a reçu le retour de 50 % le 10 janvier 1990 ou vers cette date. [51] M. St-Pierre n’a assisté à aucune réunion. Sa seule participation a été celle‑ci : le conseiller qui lui avait recommandé l’investissement lui a posé verbalement les questions contenues dans un questionnaire, et ce conseiller a rempli le questionnaire pour M. St-Pierre. Ce dernier a témoigné qu’il croyait qu’il s’agissait de questions reliées aux bibliothèques. [52] Il n’a jamais eu l’intention de faire affaire avec les autres associés. Témoignage de Paul Lafontaine [53] Dans sa déclaration de revenus de 1989, M. Lafontaine a réclamé la déduction de pertes et des crédits d’impôt sur la base d’un investissement de 10 000 $ dans la SRET. [54] Toutefois, sa situation ressemble à celle de M. St-Pierre. Il a témoigné qu’il a acheté un disque laser à Infotique Tyra inc. pour 10 000 $ et une participation de 1 $ dans la SRET[19]. [55] En conséquence, je conclus que M. Lafontaine, comme M. St-Pierre, n’a investi que 1 $ dans la SRET. [56] M. Lafontaine a fait son investissement vers le 14 décembre 1989. On lui avait expliqué qu’il aurait un retour de 50 % de son investissement dans environ un mois et qu’à part cela et les avantages fiscaux, il n’y aurait aucun autre revenu provenant de l’investissement. Il a reçu le retour de 50 % en février 1990. [57] M. Lafontaine n’a assisté à aucune réunion et n’a rempli aucun questionnaire, bien qu’il en ait reçu un. [58] Il considérait que le questionnaire était un non-sens[20]. [59] Il n’avait pas l’intention de faire affaire avec les autres sociétaires. Témoignage de Marcel Beauregard [60] Dans ses déclarations de revenus de 1990 et de 1991, M. Beauregard a réclamé la déduction de pertes et des crédits d’impôt sur la base d’un premier investissement de 10 000 $ dans Mini-Robots fait en 1990 et d’un deuxième investissement de 10 000 $ fait en 1991. [61] C’est son conseiller financier qui lui avait suggéré ces investissements et qui a obtenu pour M. Beauregard un prêt de 10 000 $ de la Société nationale de fiducie. [62] Le cas de M. Beauregard ressemble un peu à celui de M. Brassard. En 1990, M. Beauregard a investi un montant de 10 000 $ qui provenait de l’emprunt qu’il a contracté auprès de la Société nationale de fiducie. Le 10 décembre 1991, il a emprunté 10 000 $ à Gestion N.L. Technik inc.[21] pour payer son investissement de 1991. En novembre 1992, il a transféré toutes ses parts de Mini-Robots à Gestion N.L. Technik, qui, en contrepartie, a annulé le prêt et les intérêts. [63] M. Beauregard ne se souvenait que de certaines choses, et nous ne connaissons pas les détails de ce qui s’est passé pendant les deux années en litige. [64] Vu qu’il a témoigné qu’il s’attendait à recevoir un gain grâce aux avantages fiscaux, mais que ces avantages ne pouvaient pas, mathématiquement, être plus grands que son investissement, vu qu’il croyait que le risque était minime, et vu qu’il n’y a aucune suggestion selon laquelle il pouvait s’attendre à d’autres revenus de Mini-Robots, je conclus que le retour de 10 000 $, soit 50 % de son investissement de 20 000 $, payé par Gestion N.L. Technik en contrepartie de l’achat de sa participation dans la société était prévu dès le début[22]. [65] M. Beauregard a peut-être participé à trois réunions. Il se souvient vaguement d’un questionnaire, mais ne croyait pas en avoir rempli un. À part cela, il n’a pas participé à la société. Il n’a pas participé à la gestion de l’entreprise et il ne faisait pas affaire avec les autres associés de la société. Témoignage de Jean-Pierre Gamache [66] Dans sa déclaration de revenus de 1989, M. Gamache a réclamé la déduction de pertes et des crédits d’impôt sur la base d’un investissement de 10 000 $ dans la SRET. [67] C’est un courtier qui lui avait suggéré l’investissement. Le courtier lui a dit que c’était un abri fiscal et qu’il n’y avait pas de risque parce que le gouvernement y était impliqué. [68] M. Gamache se souvenait de peu de détails de la transaction. [69] Il sait qu’il a emprunté 10 000 $ pour investir et qu’au moment où tout était terminé, il a fait un gain net de 1 500 $ ou de 2 500 $. [70] En contre-interrogatoire, il a convenu qu’il a dû recevoir un retour de 50 %. Il croit avoir reçu, avant d’investir, un document qui ressemblait au document donnant l’exemple d’un investissement de 10 000 $ dont il est question au paragraphe 12 de la réponse à l’avis d’appel[23]. [71] Un des faits tenus pour acquis par le ministre est le suivant : « l’appelant n’était pas membre de la société au 31 décembre 1989 ». [72] En preuve, M. Gamache n’a pas démontré le contraire[24]. Je conclus qu’il n’était pas membre de la SRET au 31 décembre 1989. [73] M. Gamache était d’accord qu’il n’y avait pas de risque. [74] Il n’était pas actif dans la SRET. Il n’a participé à aucune réunion. [75] Il a convenu qu’il ne faisait pas affaire avec les autres associés. [76] Il se sent victime dans tout ce qui s’est passé. Témoignage de Marion Sahapoglu-Forest [77] Mme Sahapoglu-Forest a investi 10 000 $ en 1989 dans la SRET et 10 000 $ en 1992 dans Mini-Robots. [78] Sur le plan financier, elle a eu chaque fois le retour de 50 % en contrepartie du rachat de sa participation dans la société. Dans le cas de Mini‑Robots, elle a investi en novembre 1992, a reçu le retour de 50 %, et a transféré sa participation en mai 1993 à Gestion N.L. Technik. Le retour a annulé un prêt de 5 000 $, et l’intérêt sur ce prêt, que Gestion N.L. Technik avait fait à Mme Sahapoglu-Forest pour payer la moitié de son investissement de 5 000 $ en novembre 1992. [79] Sans se souvenir des dates, Mme Sahapoglu-Forest a convenu que le retour provenant de la SRET a été reçu plus rapidement que celui provenant de Mini‑Robots. [80] Dans les deux années en question, le retour de 50 % était prévu et on lui avait garanti un tel retour. Malgré cette garantie, Mme Sahapoglu-Forest avait certaines craintes. [81] Dans le cas de l’investissement dans la SRET, Mme Sahapoglu-Forest a emprunté le montant total de 10 000 $ à la Central Guaranty Trust Company. C’est le même conseiller que celui qui lui avait suggéré d’investir dans la SRET qui lui a conseillé d’emprunter à la Central Guaranty Trust. [82] Bien que le ministre ait tenu pour acquis que Mme Sahapoglu-Forest n’était plus membre de la SRET au 31 décembre 1989, elle a affirmé qu’elle était toujours membre. [83] À part le retour de 50 % et les avantages fiscaux, elle ne s’attendait pas à un autre revenu de la SRET ou de Mini-Robots. [84] On avait dit à Mme Sahapoglu-Forest que sa participation aux sociétés était nécessaire, et lorsqu’un représentant de l’une des sociétés lui demandait de faire quelque chose, elle le faisait. Elle a contribué de la façon suivante : elle est allée aux réunions à l’exception d’une, a donné son opinion à différents propos, a rempli des questionnaires et a essayé un terminal de la SRET. [85] Bien que Mme Sahapoglu-Forest ait participé aux réunions et qu’elle ait voté, par exemple, quand on a demandé à une assemblée d’approuver des budgets, sa participation était orientée par ce qu’on lui avait dit qu’elle devait faire. [86] Il est également clair qu’elle ne faisait pas affaire avec les autres associés. Elle a plutôt fait un investissement. Témoignage de Selim Toutounji [87] M. Toutounji a investi 10 000 $ dans Mini-Robots en 1992 et il a réclamé la déduction de pertes et des crédits d’impôt en conséquence. [88] M. Toutounji a fait son investissement en novembre 1992, probablement le 13 novembre en soirée. Il est allé avec Mme Sahapoglu-Forest ce soir-là rencontrer le promoteur, et le tout s’est fait en moins de 30 minutes. Il a signé un chèque de 5 000 $ et a reçu un financement de 5 000 $ pour un investissement total de 10 000 $[25]. On lui a expliqué qu’il recevrait un retour de 5 000 $. [89] Ce retour a eu lieu le 1er juin 1993 dans le cas de M. Toutounji et était fait en contrepartie du transfert par M. Toutounji de sa participation dans Mini-Robots. Ce retour servait à annuler l’emprunt que M. Toutounji avait fait le 13 novembre. [90] M. Toutounji a témoigné ceci : « […] j'ai pris une part active de la manière à laquelle ils me le demandaient, dans les séances qu'ils nous ont convoqués […] [26]». Il était toutefois déçu parce qu’il était lui-même de formation scientifique et qu’il espérait pouvoir contribuer au développement de capteurs nécessaires au Mini‑Robot. Aux réunions, il n’a jamais pu faire une telle contribution. [91] Il n’a jamais été question pour M. Toutounji de rencontrer les autres associés et de prendre des décisions d’affaires. [92] M. Toutounji était d’accord que si le projet avait réussi, le promoteur et d’autres personnes travaillant avec le promoteur se seraient enrichis, et son rôle aurait été de donner de l’aide au début en investissant de l’argent pour permettre à quelqu’un d’autre d’exploiter une entreprise[27]. Autres témoignages Témoignage de Simon Beauregard [93] M. Simon Beauregard, vérificateur à l’Agence du revenu du Canada (l’« ARC »), a témoigné au sujet de la vérification de la SRET. [94] Il a découvert, entre autres, que la SRET n’avait aucun compte de banque ni aucun registre comptable. Tous les chèques des investisseurs avaient été déposés, soit chez Geyser Informatics ou Infotique Tyra[28]. [95] Il a également découvert ce qui suit. Le promoteur de la SRET a enregistré la raison sociale de cette société le 29 juin 1988[29]. Dans la déclaration, le promoteur dit qu’aucune autre personne n’est associée avec lui. Le 27 novembre 1989, le promoteur a déposé une dissolution indiquant qu’il a cessé de faire des affaires le 27 novembre 1989, et qu’il avait été seul en affaires[30]. Le même jour, le beau-frère du promoteur a enregistré une raison sociale pour la SRET, où il déclare être seul en affaires[31]. [96] Il a témoigné au sujet du travail qu’il a fait et que d’autres ont fait en examinant les nombreuses sociétés liées, leurs comptes et la conclusion de l’ARC selon laquelle plus de la moitié des dépenses de la SRET devaient être refusées, notamment, les dépenses réclamées relatives à des paiements faits à la CATK à Moscou et à Challenge SA en France. Il a également témoigné au sujet de l’argent utilisé, d’un montant équivalant à 50 % de l’investissement de chaque investisseur, pour acheter la participation des investisseurs dans la SRET. Témoignage de Christian Dion [97] M. Christian Dion, chef d’équipe à l’ARC, a témoigné au sujet de la vérification de Mini-Robots. Il a expliqué le travail fait pour examiner de nombreuses sociétés liées, leurs comptes, les dépenses réclamées et comment l’ARC est arrivée à la conclusion qu’il fallait refuser plus de la moitié des dépenses réclamées en 1990 et en 1991, y compris, entre autres, des dépenses réclamées pour des fournitures de la CATK à Moscou et de Pacific Master Trading Ltd. en Asie. Il y a certaines autres dépenses qui, selon les conclusions de l’ARC, n’avaient pas le caractère de dépenses de recherche. Témoignage de Jean St-Pierre (expert) [98] M. Jean St-Pierre est ingénieur à l’ARC. Il a été qualifié comme témoin expert et a témoigné relativement à son rapport sur la recherche faite par Mini‑Robots. [99] D’une part, il a conclu qu’il y avait du développement expérimental valable. Par contre, il a également conclu que l’ampleur des dépenses réclamées n’était pas réaliste. [100] Il a témoigné relativement aux factures de la CATK et a expliqué pourquoi il mettait en doute ces factures qui lui paraissaient tout à fait irréalistes[32]. [101] Il a également expliqué les raisons qui le faisaient douter d’autres dépenses de recherche réclamées. [102] Son rapport était limité aux années 1990 et 1991. Témoignage de Gabriel Caponi [103] M. Caponi est conseiller principal au bureau du sous-commissaire au bureau régional de l’ARC. En 1993, il a été affecté au secteur R&D de l’ARC et faisait partie d’une équipe de vérificateurs qui examinait les sociétés utilisées comme abris fiscaux en R&D. [104] Il a été affecté au ministère de la Justice du Canada en 1995-1996 pour une période d’environ un an, entre autres, pour aider dans l’examen des dossiers de la SRET et de Mini-Robots. [105] Il a examiné ces dossiers et a préparé les schémas à l’onglet 104 de la pièce I-3 (la SRET) et à l’onglet 304 de la pièce I-9 (Mini-Robots, pour 1990 et 1991). Ces schémas font le sommaire des mouvements de fonds très compliqués entre un grand nombre de sociétés. [106] M. Caponi a expliqué comment il a préparé ces deux schémas. [107] M. Caponi a également témoigné au sujet des informations obtenues des autorités fiscales en France en septembre 1993 à la suite d’une demande faite dans le cadre de la convention fiscale entre le Canada et la France. Ces informations portaient sur le fait que Challenge SA n’avait pas fourni de logiciels ou de matériel électronique. Les trois derniers témoins [108] Trois autres témoins ont été présentés par l’intimée. Leurs témoignages étaient surtout liés au
Source: decision.tcc-cci.gc.ca